L’Agglomérat des Rêveurs est un espace dédié aux arts contemporains.


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Poète, perfomeur, chanteur et maintenant auteur, David ne se disperse pas. Il affine sa plume en passant par chacun de ces arts. Cette année, c’est à l’écrit qu’il nous donne rendez-vous, trois livres sont prévus : le roman Premiers soins réchauffe déjà l’automne, suivant À l’endroit de nos visages, recueil de poèmes en collaboration avec Yolande Villemaire.

En attendant la publication d’une compilation de performances aux Éditions Univers Slam, vous pouvez rencontrer David lors de son cabaret littéraire sur Sherbrook.



Slam

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Poésie

La pelle et la paix


Je répond à l’appel de la paix
Comme Mallarmé
Avec une pelle pour enterrer la rage de guerre à jamais
Alarmez-les! On ne peut confier la paix à l’armée
Mais à l’art mais l’art mais l’art mais...

On peut brandir des chansons
Mais on sera déjà chanceux
Si elles s’incèrent chez ceux qui ont le droit sur le piton
Ce n’est pas dans le cockpit des chasseurs qu’elles tourneront
Ni dans les mallettes ou les classeurs de l’ONU
Oh non ! Le pouvoir au nord garde le sud sur les nerfs
C’est les actionnaires qu’ils honorent
Et ceux qui ont la grosse tête à tête nucléaire
Inoculé aux limites de la vérité militaire
Ils ont une minute de silence
Pour chaque complot qu’ils doivent taire...

Je répond à l’appel de la paix
Comme Mallarmé
Avec une pelle pour enterrer la rage de guerre à jamais
Alarmez-les! On ne peut confier la paix à l’armée
Mais à l’art mais l’art mais l’art mais...

Ils ont leurs mines, leurs mimes et leurs morts
On a que nous-mêmes, nos mines, nos rimes et nos mots
Alors avant qu’on élimine ceux qui mènent le bal
Il faudra plus que des bombes et des balles
Sans vouloir péter ta bulle, la guerre elle est belle
Pour la cabale qui charge le bill à l’échelle globale
Ceux qui fournissent les pierres, les armes
Et les pierres tombales
C’est toute une économie que les troupes trimballent
Alors si on trinque à la paix
J’espàre que ton drink est prêt
À voler dans les airs ou à rincer des plaies

Je répond à l’appel de la paix
Comme Mallarmé
Avec une pelle pour enterrer la rage de guerre à jamais
Alarmez-les ! On ne peut confier la paix à l’armée
Mais à l’art mais l’art mais l’art mais...

Il faut de la masse et de l’esprit critique
De l’espoir en masse, du nerf et des viatiques
Ne pas se laisser dévier quand la haine attire
Discerner le vrai dans le discours et la pub qui l’entoure
En cette ère, c’est dans l’ombre qu’on prend de la hauteur
En cette terre, ne compte plus que ceux qui t’entoure
Il n’y a pas de loi contre le port d’âme
Mais si à ton tour, tu dois tout tenter
Fait péter leur dépôt d’armes
Action directe sans blesser ni homme ni femme
Il n’y a pas que les bombes qu’allume la flamme
Dans leur tragédie, t’as aucun rôle à jouer
Sinon celui de saboter et jouir
Et s’ils veulent faire de toi leur jouet
Dis leur ;
D


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Article


Les articles présents sur le site :

David Goudreault, L’Oralité à son poète par HL Cellier
Premiers soins, recceuil de David Goudreault par HL Cellier

David Goudreault, L’Oralité à son poète


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L’homme semble calme, rieur, puis au détour d’une phrase, l’intensité du dire pour seul motif, ses pupilles se dilatent, il prend toute son ampleur de poète. Encore méconnu du grand public, David est portant Champion du Monde de Slam, performeur jusque dans la chanson, ayant quitté pour un temps son Québec natal, il vient inviter à la parole.

HL : David, comment te présentes-tu ?

David Goudreault : Je me présente comme un humain intéressé par la parole. La tienne, la mienne parfois mais voilà c’est tout. J’ai l’impression que j’ai besoin de me garder des portes ouvertes. J’aime pas non plus quand on me donne une étiquette, la plupart du temps, je me présente comme poàte de l’oralité. J’ai l’occasion parfois d’avoir une tribune pour partager ce que je crois, ce que je pense, ce que je ressens et c’est un tràs grand privilège que j’essaie de rendre en finalement mettant sur pied des activités.

H. Comment parler de ce que tu fais ?

D. Il faut nommer les choses, c’est une poésie de l’oralité et parfois une poésie écrite autant que faire ce peu. En ce moment j’ai travaillé pour l’écrit, en vers libre et les figures de style qui sont si cher à l’oralité, l’essai. Est-ce que c’est du rock and roll, du rap, de la chanson ? Si ça me plaît et que le texte est au rendez-vous peu importe. J’irais avec ce qui représente le mieux ce que je ressens ou ce que j’ai envie d’exprimer. Je dirais qu’il y a une confusion qui ne me dérange pas trop mais qui pourrait déranger certaines personnes qui ont besoin de codifier et parfois même protéger les termes. Avec l’étiquette poète de l’oralité, c’est suffisant pour traiter cette confusion, me ramener à l’essentiel qui est la parole, la prise de parole et le passage de la parole.

H. Accepterais-tu d’aborder ta démarche?

D. Je sais que mes poèmes ne changeront pas le monde, mais ils vont changer le mien et puis déjà moi de pouvoir m’exprimer ça m’aide et de pouvoir aider des gens à le faire, ben ça donne sens à ma vie, alors déjà si je suis mieux dans ma peau et puis que ma vie a du sens grâce à la parole, grâce à la poésie que ça inspire un enfant par année ben ça vaudra la peine que je le fasse encore pendant des dizaines d’années. Donc oui, comme engagement de pouvoir prendre parole, de donner l’exemple qu’il faut prendre parole, de créer des endroits où on peut prendre parole, c’est en soi, je trouve un travail, ou un combat, noble.

H. Comment l’aventure a-t-elle commencé pour toi ?

D. Le slam en tant que tel, en 2008, suite à une invitation. En même temps, il y a plusieurs années d’écriture en arrière, autant de poésie que de rap, de nouvelles littéraires. Je suis venu à l’écriture très jeune, ça a été vraiment une résilience pour moi, j’étais dans des relations très dysfonctionnelle au niveau familiale. Et à travers l’écriture d’histoires où je faisais mourir beaucoup de jeunes, j’arrivais à exprimer un certain mal être et une certaine détresse que je vivais enfant. Dès l’adolescence, ça s’est transformé en rap et avec le temps, tranquillement un peu plus de la poésie écrite.

H. Que penses-tu de la coupe du monde de slam ? Toi son vainqueur l’an passé, comment te perçois-tu dans ce sport ?

D. Cette année, on va être très bien représenté ! Il y a Guy Perrot qui fait quelque chose de très intéressant. Le Québec pourrait pour une deuxième année avoir la coupe du monde. J’étais heureux de participer à cette compétition, de rencontrer des poètes internationaux, de tisser des liens avec les poètes, les slameurs français. On est déjà en 2012 et comme le disais si bien Frédéric Dard : « on ne peut jamais demeurer numéro un, mais on aura toujours été premier ». Au niveau slam, c’est plutôt dans l’animation des scènes et dans des ateliers de création où j’explique ce qu’il en est. Présentement je ne fais pas de compétition. En revanche, je fais encore des spectacles solos, des projets musicaux. Eventuellement la compétition me rappellera à elle, je le sens. C’est une maîtresse qui ne nous laisse pas nous éloigner trop longtemps [rires].

H. Le mot slam rimant souvent avec égo, qu’en dis-tu du haut de ton titre de champion de monde ?

D. C’est important de souligner dans l’article qu’on a eu à s’engueuler avec un homme qui croyait que voilà on essayait de mettre des titres et plus dans le béton [à peine la question posée]. Les soirées slam, c’est surtout écouter, chacun a le droit au chapitre et c’est le besoin d’aucun diplôme et il n’y a aucun frais à payer, aucun sexe à avoir, aucune religion, origine, peu importe... Oui, prendre parole, mais pour mieux la rendre ! Un des grands malheurs de l’humanité c’est que nous sommes égocentriques. La tâche de l’humain je crois en gagnant en maturité est de passer de l’individu à la collectivité. Dans mon quotidien, je suis travailleur social et je vois le désagrégement du tissu social, je vois dans l’individualisme et l’égocentrisme tous les malheurs que ça fait vivre à bien des gens... Je prends autant plaisir à écrire, à performer qu’à écouter les autres, c’est là que l’échange ce fait. Les gens seuls peuvent être heureux, les gens isolés sont tristes et l’égocentrisme par définition isole. Dans les faits, je profite déjà beaucoup de cette victoire-là donc je sens pas que j’ai besoin d’en rajouter pour aller chercher un gain de plus.

H. Des projets ?

D. Sur trois ans, des cabarets à Sherbrooke, la ville où je suis installé, Pour essayer de mélanger le plus possible les styles, donc d’augmenter la confusion, on va inviter des slameurs, des poètes, des romanciers. Il va y avoir vraiment des conteurs donc on essaye que les gens se mélangent le plus possible. J’essaie de me promener dans tous ce qui est autour de la parole. Et aussi, là je vais avoir deux publications. L’une aux écrits des forges une en juin qui s’appelle à l’Endroit de nos visages, en collaboration avec Yolande, et une à l’automne, un recueil qui s’appelle Premier Soin.

H. Qu’est-ce qui t’inspire ?

D. L’inspiration vient assez naturellement. J’arrive à m’étonner encore beaucoup. Une croyance profonde qui s’est dessiné avec les années dans le fond moi je crois que ce qui est au cœur de l’expérience humaine, c’est toute la relation aux autres. Je crois que l’humain est un animal social qui se définit dans le contexte de ces semblables et qu’au final ce n’est que les relations qui donnent sens à nos vies et tous ce qui la comporte d’imperfection, de difficultés et de miracle.

H. Qu’est l’écriture pour toi, comment t’y prends-tu ?

D. C’est un plaisir encore aujourd’hui et souvent c’est quelque chose qui se présente un peu à l’improviste et que j’essaie de plus en plus d’accueillir. Je me suis muni d’un dictaphone mais, malgré tout, j’ai toujours un crayon avec moi, j’ai souvent des bouts de papiers dans mes poches avec pleins d’idées, plein de verres, un peu lancé, écrit dans n’importe quelle circonstance. Puis, je me réserve un moment souvent privilégié avec moi-même et la feuille blanche. Là, je ramasse tous ces bouts de papiers là, je transcris le dictaphone, et j’essaie de mettre le tout ensemble pour créer quelque chose de cohérant. Peut-être à l’image de notre met traditionnelle québécois qui est la poutine, je trouve que tout ça bien mélangé ensemble ça le fait !

HL Cellier


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Premiers soins, recceuil de David Goudreault


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David Goudreault évoquait déjà l’écriture comme une résilience, lors de son sacre en tant que champion du monde de Slam poésie en 2011. Ce travailleur social engagé, littéraire d’âme, entretient avec les mots une relation commencée dès l’enfance, passant par les nouvelles et le rap, auteur interprète de deux albums, performant ces textes et organisant des événements de toutes formes d’écritures à condition que la parole soit libre, il sillonne la France et le Canada. Après plusieurs publications en revues et ouvrages collectifs, ce québécois présente maintenant un recueil de poèmes entièrement de son cru : Premiers soins.

Sous sa couverture rouge à croix blanche, 55 pièces sont divisées en quatre parties. Nous entrons en milieu médical. La progression est digne d’un roman. Les titres à eux seuls racontent une histoire. Les poèmes vont de 4 à 20 vers, haletants. Au-delà de la maladie, le thème du soin s’ouvre à l’autre, à l’analyse humaine. A la justesse des remarques s’ajoutent une franchise peut commune. La beauté ressemble à un espoir, dérivatif, sitôt que la cruelle véracité des états prend le pas. Le poète se balade, d’étages en métiers, ancré dans les soubresauts du corps, sa douleur, traduisant les statistiques de santé comme un poult singulier. En quête de regards humains, d’histoire du quotidien, par son attention à tout un chacun, il maintient la vie en ce lieu mortel, bien souvent où on ne l’attend pas.

Le souffle passe par l’ensemble des possibles. Souvent les vers sont libres, la reprise des sonorités s’effectue en internes, comme pour mieux souligner le retour de sourdines singulières, à en faire frémir chaque ligne. S’adaptant aux sujets voici les sons revivifiés, presque joyeux. Les rimes courent d’un texte à l’autre. Le tableau est aussi ample que la palette mélodique. Un travail d’orfèvre musical, allitérations et assonances glissent et explorent les gammes, pour un hymne à la vie, en réponse à la dureté du dire. Le rythme des pièces est au service de l’œuvre. Le questionnement du je ouvre sur des multitudes à l’incarnation unique, la voie du poète. Les câbles des communications se superposent aux appareils de santé et c’est la société qui est alors convoquée.

Ce livre apporte diagnostic et remède, un hymne à la rémission contre la violence des drames ; c’est une tendre carte de soin, tendue à tous.

HL Cellier


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