L’Agglomérat des Rêveurs est un espace dédié aux arts contemporains.


WonderJenn

Poésie - Interview - Performance


Adr

Très impliquée dans le mouvement slam, Wonderjenn est l’une des organisatrices de la Coupe du Monde de poésie. La jeune femme, également artiste peintre, est très active. Si depuis un an, elle anime le Slam à Femme, vous risquez cependant de la croiser régulièrement lors d’évènements parisiens.

Quand elle n’anime pas un atelier de poésie, cette militante de la première heure n’a de cesse de rétablir le droit des êtres humains à disposer de leur corps, elle poursuit ce combat dans des textes rythmés presque exclusivement à la troisième personne. Cette adepte du théâtre fait bien plus que leur donner vie...


Slam

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Poésie

Kiki de Montparnasse


Son corps n’avait plus l’élasticité d’antan. Dans l’temps, elle n’avait qu’à sourire et sa fesse droite se durcissait : elle était comme... plastifiée !

Ses deux petites pommes, tels des phares pointaient vers le nord dans son décolleté, et ses dents blanches étincelantes attiraient par son sourire n’importe quel gentleman qui aimait se l’offrir ! Du haut de sa molaire, elle en faisait danser des vertébrés :

Eté comme hiver, ces titis parisiens accolés à ses jambes et son haut derrière aimaient mater ses hanches ondulant sur des rythmes effrénés bien familiers.

Sa voix braillarde, sa dégaine typée à l’ancienne, enivraient les cœurs : tous étaient comme mystifiés ! « Mais comme le temps passe vite... » se dit-elle, « ma cervelle aussi a perdu en fermeté ! ».

Elle niait l’espace-temps, bloquée en l’an 1920. Mais elle se souvient d’elle canaille faisant vibrer les cabarets, jusque dans les bras d’un Man Ray, fumant l’opium divin.

De ses lèvres pulpeuses au bout de son long nez fin, elle buvait à foison l’eau comme le vin. Bon, elle prenait quelques traces parfois, mais surtout faisait rêver les dadas iconoclastes de la place Montparnasse.

« Oh ! Mon dieu, mais comme le temps passe vite » se dit-elle : « il peut tout retirer, de la gloire à la godasse ! ».

C’est ainsi que Kiki de Montparnasse, devenue rombière avait testé toute l’élasticité de sa jambière !

Et c’est à l’ombre seule qu’elle s’est couchée la gueule ouverte dans la poussière, rêvant une dernière fois de la gente masculine de l’entre-deux guerres, et de tout Montparnasse qu’elle su émoustiller.


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Interview

Wonderjenn, Universellement Jenn

Adr

Dans l’univers prochain de la Coupe du monde de poésie, Jennifer marque par sa polyvalence. Le personnage ne tient pas en place, quadrilingue, elle allie gestion des volontaires, communication et intenses activités poétiques.

HL : Toi qui présente le Slam à femme, comment te présentes-tu ?

WonderJenn : Jennifer, Jenny, WonderJenn... Ça dépend des jours, [rires] de mes humeurs, de mes hormones ! Être une femme pour moi, ce peut être prendre une autre bière, fumer une clope et me gratter le derrière ! [rires] Non, je suis bien féminine et quelque part asexuée. Dans mon rapport à autrui je suis une personne sans origine bien que multiples ! Un être quoi ! WonderJenn est un petit volcan connecté à la terre, une personnalité en mouvance !

H. Quel est le concept de ta scène ?

W. Mettre la femme en avant, clamer son amour ou son contraire. C’est autant ouvert aux hommes qu’aux femmes mais cent pour cent des textes doivent tourner autour d’elle(s). Aujourd’hui, c’est une réalité, si tu n’es pas un garçon tu es dévalorisée. Il faut oser le dire, mettre en avant ses qualités, la nature sauvage de la femme, son essence même : celle qui court avec les loups et qui arrive à avoir dix mille casquettes en une journée tout en gardant les épaules pour avancer !

H. Qu’est pour toi le slam ?

W. Narrer une histoire, poser sa voix, donner un rythme... Le slam apprend à chacun à construire, à investir son moi. C’est aussi un mouvement international qui grandit. De Buenos Aires à Bamako, il évolue. Comme à l’adolescence le slam se confronte car il est ouvert à tout le monde et au monde. Ce mouvement permet de s’exprimer, de rendre la poésie accessible à tous, c’est un élan, populaire et en même temps communautaire, ça me parle beaucoup.

H. Pourquoi met-on les poètes-ses en compétition ?

W. Le slam est un chelem [tournois] dans un mouvement de libre échange, de réflexion, de thématique en confettis. Notre personne est un moyen de faire passer une idée, une histoire, ou un ressenti. Ensuite, il y a quelques principes : des textes bruts modelés par la voix ou le corps. Le challenge en poésie est d’arriver à créer un environnement, une ambiance en trois minutes. Voilà, c’est une façon d’attirer l’intérêt d’une salle : chacun va participer ! Le public aussi à son mot à dire.

H. Bientôt la coupe du monde ?

W. Du 4 au 10 juin, près de vingt poètes de nationalités différentes vont participer et représenter leur pays. Un métissage haut en couleur, de la Hollande à Mayotte en passant le Portugal, les states [Etats-Unis]... Les deux premiers jours du festival c’est le Grand Slam Interscolaire et de jeunes écoliers, collégiens et lycéens participeront. Ce sera dans le XXeme entre le théâtre de Ménilmontant, la Maroquinerie, le Carré Baudouin...

H. Pour les poètes qui souhaitent s’inscrire ?

W. Les scénes de sélections sont partout en France [www.fffdsp.com] ! Parfois, elles se terminent avec le Slam de la Dernière Chance une semaine avant le festival. Les poètes désignés par le publics participeront en équipe avant de tenter leur chance en individuel Sont prévus également d’autres événements satellitaires, au programme Slam des Cancres, de Haïku. Il va y avoir une scène Slam à Femme version WonderJenn aussi, donc ça va être intéressant et marrant...

H. Peut-on en savoir un peu plus sur tes multiples autres vies ?

W. Je suis responsable dans une ONG de Protection de l’Enfance. Faire une pause artistique d’environ dix ans m’a permis de subventionner pas mal d’actions ! Mais l’écriture a toujours été présente dans ma vie et dans mon travail, par exemple, c’est un excellent exutoire pour des gamins qui ont subi de nombreuses violences, c’est une des voies de la guérison. Quand on écrit des poèmes, des nouvelles, son inconscient s’exprime et c’est important de cultiver ça !

H. Tu parles beaucoup des autres, un mot sur tes propres activités ?

W. J’aime voyager, près de 34 pays visités et ce n’est que le début, j’espère ! J’aime materner ma grande puce, j’écris, un peu de peinture, de photo. Pour les poèmes, faut que ce soit du one shoot, un peu comme une photographie, j’ai envie de figer un instant, une minute dans le temps et c’est un peu ce que je fais avec mes textes, très vivant. Je dialogue avec son âme !

HL Cellier


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