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Ypnova, Le Plasticien des MoTs


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La coupe du monde vient de s’achever, chacun est exténué. C’est dans cette ambiance de fin de festival qu’Ypnova a choisi de mener son premier Slam Burger hors des scènes du Sud. Le bonhomme en impose, avec son œil incliné, il a des allures de Don Corleone avec en plus son accent Marseillais, mais un cœur et une sensibilité que peu de gens peuvent égaler.

HL : Comment te présentes-tu ?

Ypnova : En général, j’aborde pas trop les gens genre : « Voilà, c’est Hipno ou quoi machin ». Je ne cherche pas à me définir, je cherche à évoluer au fur et à mesure de ce qui se passe. Ĉa m’arrive tu vois de prendre contact avec des gens, mais c’est très rare. En général c’est parce que le contact a été fait par d’autres personne que je rentre dans le groupe ou que quelqu’un vient nous rejoindre.. Je prends le plaisir quand il est là, je pense que le plaisir, la joie, voilà c’est des instants, c’est des moments et faut pas les louper.

H. Qu’est-ce que le slam pour toi ?

Y. Un concours aléatoire de textes issus de toutes sortes de genres, toute sorte de poésie orale : on chante, on crie, on improvise, mais on s’écoute, hein. Après, l’utilité du slam... Le slam n’est pas de la poésie, c’est juste un concours. C’est-à-dire un truc où l’on est voté, noté par des jurés qui nous disent eux ce qu’ils pensent de nos textes dans une échelle de zéro à dix avec un chiffre derrière la virgule. C’est assez utile parce que justement, ça permet de dire ce qu’on ressent et de savoir ce que les gens en pense, après on en fait ce que l’on en veut. C’est-à-dire : est-ce qu’on va prendre en compte l’avis des gens pour écrire nos textes ou est-ce qu’on veut réveiller les conscience ou imposer ce qu’on est soit même...

H. Comment l’aventure poétique a-t-elle commencé pour toi ?

Y. Je faisais partie d’une association, le R.A.M.A [Rassemblement Artistique Musical à Aubagne]. J’y étais en tant que plasticien, mais à côté je faisais aussi des textes, des festivals, des décors et tout ça... alors j’ai rencontré Joe Corbeau. Un jour, c’était le soir justement après un festival et il commence à dire des textes dans l’ambiance de fin de soirée. A l’écouter, j’ai eu l’envie de dire ce que j’avais écrit... J’avais quelques textes que j’apprenais par cœur pour quand les potes faisaient du bit box ou quoi, je puisse y rentrer. Mais, bon, sans vraiment trop écrire, c’était de temps en temps, c’était juste comme ça.

H. Et le Slam Burger ?

Y. On était dans une réunion de l’association Rama et il y a Politi qui envoie le nom « slam burger » en rigolant, et moi j’ai fait : « j’achète ! OK, on fait des slams, on fait des burgers, on va faire une expo bande dessinée, des décos, on fait ça ! » Ça a très bien marché, il y avait du monde ; mais bon, à l’époque je ne savais pas que le slam était un concours, je ne connaissais pas du tout. Voilà, par la suite, j’ai fait un autre slam burger à la distillerie à Aubagne, l’année dernière, et j’avais invité des équipes de plusieurs villes à venir, à participer et voilà, c’est là que j’ai commencé à faire des trophées avec la forme du burger et j’ai trouvé ça délirant, partir dans un d´lire, faire une scène ou je fais les décos, ou je fais la gouffe, et je fais des trucs, tout ça ! [rire] Le paradoxe entre la poésie et les hamburgeur, voilà c’est marrant. J’aime bien faire les burgers, c’est vraiment un personnage assez rigolo.

H. Quel est la différence entre un slam burger et un slam ?

Y. Il y a dix jurés, chaque juré donne un point et l’équipe accumule les points. Il y en a qu’on quatre, il y en a qu’on six, c’est plus on a de point ! Normalement, il y a trois cessions et les poètes de l’équipe peuvent faire des collectifs ou des individuels, les points sont pour l’équipe et à la fin la team gagne les trois burgers. Après, je pense que sur le slam burger il faudrait travailler la qualité des burgers... Des burger avec des sauces particulières, et quoi tout ça, fabriquer par des restaurateurs, et des burger qu’on a jamais mangé et tout.

H. Est-ce parce qu’en poésie il n’y a plus de saveur à ajouter, le plat est-il parfait ?

Y. Ah non, c’est pas parfait. Les scènes de poésie sont souvent très lourdes même et ça arrive que voilà, les gens disent des trucs ou n’importe quoi, et voilà, les textes peuvent être moyens. Voilà, ça dépends qui vient en fait, c’est ça le truc parce qu’on sait jamais...

H. Pourquoi cet exceptionnel slam burger à l’occasion du grand slam ?

Y. Si à chaque scène slam, tu as chaque fois les mêmes slameurs et chaque fois les mêmes textes, ça s’étouffe ! Il faut que ça se diversifie. Dans le slam, j’essaie d’évoluer au fur et à mesure, voir un peu de partout comment ça se passe, parce que si je restais sur Aubagne ou sur marseille, je me réduirais... Il y en a tellement de poètes à entendre, il y a tellement de truc à faire, même pour améliorer ses poèmes !

H. Toi aussi tu as des textes récurrents ?

Y. C’est vrai que je tourne pas mal sur les mêmes textes tout ça... Tu sais que j’en ai écri un que j’ai pas encore appris, mais en même temps, les textes, je ne pense pas les avoir assez sublimés, les textes que j’ai écrit, et que je fais souvent, je pense que je peux les amélioré, et en fait, c’est ça le truc... est-ce que c’est plus l’écriture qui m’intéresse ou c’est plus la performance...

H. Crois-tu que la poésie rends la vie plus jolie ?

Y. T’in t’as des questions ! Je sais pas... La poésie est là depuis l’arrivée du monde... du coup la vie de temps en temps elle est jolie, de temps en temps elle est moins jolie. Moi ce que la poésie m’a apporté, le texte tout ça, avec le slam et tout ça... Ça m’a apporté un meilleur contact à la limite. Ouais, ça va, c’est cool, on est bien entre poète tout ça, mais bon, la vie elle est ce qu’elle est, elle change pas parce qu’on est poète... si il y en avait pas elle serait moins jolie peut-être, donc oui effectivement...

H. Ton texte L’art est mort, tu le penses vraiment ?

Y. Le texte L’art est mort, il est fait pour mettre en garde surtout. Ce n’est pas un texte posé sur le présent, sur l’exactitude des faits, c’est un texte qui met en garde : on va dire maintenant que l’art, il est mort, qu’est-ce qui va se passer ? Voilà, c’est surtout ça. Après, c’est vrai que les gens se le prennent souvent dans la gueule et tout... mais effectivement, le milieu culturel est pris pour cible j’ai l’impression... De plus en plus, on ferme. C’est de plus en plus en plus difficile d’arriver à faire quatre sous avec l’art ou quoique ce soit. Bon, est-ce que c&rsquoest ça l’important, je crois pas !

H. Vis-tu de ton art ?

Y. Oui ! Je vis de mon art puisque je fais que ça ! Si je gagne pas d’argent avec ce que je fais, je gagne pas d’argent, quand j’en gagne, j’en gagne [rire]. Ça, effectivement, je fais que ça, je fais pas autre chose.

H. Ou te trouver dans le sud ?

Y. Sur Marseille j’anime des scènes qui sont tous les deuxièmes vendredi du mois à la Tiété cuba, au court Julien, sinon j’anime des scènes sur Montaubant aussi. Le prochain slam burger, ça sera sur Aubagne, sa ville d’origine, pour l'instant j'’ai pas la date.

HL Cellier


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