L’Agglomérat des Rêveurs est un espace dédié aux arts contemporains.

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Quel Bazard

- Ah, Jane, tu me fais perdre la tête...
- Laisses-moi faire... dit-elle tout en dégrafant les boutons de mon pantalon.
Je la vois en dessous de moi, tête baissée, à se demander comment faire pour ouvrir plus vite. Elle y arrive, enfin.
- T’as envie de moi ?
Les grands yeux accompagnant cette phrase me la rende si belle, renforçant encore d’avantage mon érection... Dans cette ruelle, ses cheveux bruns voletant sous la brise recueil pour moi tout l’attrait du monde.
- T’as pas idée.... je m’entends murmurer dans un souffle qui est déjà plaisir. Mes mains agrippent le galbe de ses fesses, les enserrant un peu plus fort pour la rapprocher de moi.
- Les flics !
Comment a-t-elle fait attention à ces phares au loin sur la droite.
- Ce n’est pas grave... si nous restions collé l’un contre l’autre au mur, ils ne nous verront pas. Peu importe le risque pour rester ainsi avec elle, ne pas arrêter. Déjà leur lampe se braque sur nous. Elle me tire très fort et nous commençons à courir.
- Vous là-bas, arrêtez.
- Merde !
Par chance, le pâté de maison dans lequel a eu lieu le concert forme un vrai labyrinthe pour ceux qui n’en poursuivants.
- Les flics veulent vraiment pas lâcher l’affaire.
- Attends, on passe derrière les murs.
Un trou, si vite engouffrée. On a attendu bien vint minutes dans notre planque qu’ils se cassent, le cœur battant à tout rompre. Elle est encore plus sexy.
- Putain, on a eu chaud, me lance Jane alors qu’elle repasse en sous le mur. Ce n’est pas le même endroit, nous voilà dans un jardin abandonné. Un vieux banc pas totalement rouillé.
- Comment connais-tu ce truc ?
- Cet endroit, un réflexe... il date de mes premiers cache-cache. Je devais avoir quatre ans à l’époque où j’ai trouvé cette planque...
- tu me parleras de ta vie plus tard. Tu sais où squatter dans le coin ?
- Ouaip ; Suis moi ! Je suis pas rentrer du week-end, mais j’ai pas perdu les clés.
L’alcool désoriente, un peu, quelques détours pour trouver le lieu exact... Malgré l’assurance que j’affiche, j’ai dû passer trois fois dans ma rue avant de la reconnaître. J’avais repéré Jane à cause des vibes qu’elle dégageait sous la musique. Une fille comme ça, ça se lâche pas. J’avais mordu au premier coup d’œil. Sa silhouette, renvoyée par le lampadaire, m’atteint d’autant plus qu’elle m’apparut traversée de féérie, presque transparente... de quoi s’envoler jusqu’au petit matin avant de s’aperçoive du mirage : elle et moi...
- On arrive ?
Emporté par mes pensées, à ma contemplation de Jane, j’avais pas fait gaffe, l’immeuble s’est matérialisé devant nous.
- Nous sommes arrivés.
- C’est là ? C’est glauque... fit-elle avec une grimace.
La lumière de l’escalier est cassée. Nous avançons guidés par le léger halo venu de l’extérieur.
- C’est vraiment dégueulasse... Les murs... on dirait la lèpre...
Dès l’ouverture de la porte, une odeur insupportable de pourriture nous prend aux narines. De quoi nous flanquer la nausée à Jane et à moi, mais nous n’avons pas d’autre lieu. Je passe le premier en espérant qu’elle me suive.
- Sérieux, tu habites par là... je crois que je ferais mieux de me casser, me souffla Jane.
- N’en, y pas de raison... T’inquiètes, la chambre est juste après le couloir.
Les pièces de chaque côté semblent inhabité depuis pas mal de temps, remplies de cartons et d’ordures du moins semble-t-il... A première vue, seuls les rats occupent le lieu depuis quelques années.
- Regardes ! hurla presque Jane.
A côté de nos pieds sillonnent des taches rouges. Elles deviennent plus importantes au fur et à mesure que nous approchons du salon. Ces petits tas coagulés bifurquent vers la chambre.
- Rentres pas là-dedans !
Je pousse la porte avec difficulté, un corps affalé bloque le passage, il y a tant de rouge qu’on devine à peine le visage de l’inconscient. A sa vue, Jane s’enfuie. C’est alors que je vois l’assiette, le peu qu’il en reste est renversé. Il a encore du arroser ses spaghettis à la bière jusqu’à tomber ivre mort. Impossible de le réveiller, même les coups de pieds que j’ai envie de lui flanquer ne l’auraient pas fait bouger.
- Putain, et c’est encore moi qui va me taper le ménage...

Benjamin


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